Château de Chambéry


 
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 Sieur_Phaco

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MessageSujet: Sieur_Phaco   Dim 10 Fév 2008 - 18:58



Sieur_Phaco de Chevelu
XIII JANVIER MCDLIV - XII JANVIER MCDLVI



En dessous on peut y lire :


Citation :
Nom : Sieur_Phaco de Chevelu
Surnom : Le baron-cochon
Date d'apparition : 13 janvier 1454
Date du décès : 12 janvier 1456
Lieu d'inhumation : Seigneurie de Chevelu, Duché de Savoie
Titre : Baron de Bourg-Saint-Maurice, en Savoie



BIOGRAPHIE :

Sieur_Phaco commença à construire sa renommée dans la cité d'Annecy, ou déjà il écumait tavernes et élevait gras cochons. C'est là qu'il lia tout jeune des amitiés indéfectibles qui durèrent jusqu'à sa fin: Alpi, Léonorio, Alain... Après s'être vu claqué au nez les portes de l'Ordre du Lac d'Amour, le jeune Phaco prêta serment à l'Ordo Santi Georgii, ou son allant le mena jusqu'au poste de Capitaine de Savoie de l'OSG. Se lançant parallèlement dans la politique, il occupa par deux fois le poste de Chancelier Savoyard. Il exporta la gastronomie savoyarde jusqu'aux confins des royaumes connus, ce qui lui valu une certaine renommée jusqu'en Bretagne, Flandre, et même sur l'île de la perfide Albion. On le récompensa d'ainsi sacrifier ses précieuses charcutailles à la renommée de son Duché en l'anoblissant baron de Bourg-Saint-Maurice. Le baron-cochon était né. Par la suite il se retira de toute charge, se contentant d'animer la vie du duché par ses déclarations colorées, ses descriptions des paysages savoyards et ses frasques à la limite du politiquement correct. Par nécessité, il fût toutefois Gouverneur de Chambéry pendant un mois.
Après la ripaille, les femmes occupèrent une place importante dans la seconde moitié de la vie de Sieur_Phaco. Il trouva l'âme soeur dans la charmante Davinaelle de Montfort, qui disparu tragiquement d'une maladie foudroyante juste avant leurs épousailles. Il se lia alors passionnément avec une bohémienne de passage, Shera, qui aux dernières nouvelles portait toujours l'héritier(e) tant espéré(e). Nous n'oublierons pas dans le chapitre femmes de citer deux soutiens et réconforts indéfectibles du baron cochon: son amie Edlweisss et sa demi-soeur Jeanine, aujourd'hui en droit de réclamer le titre.


CITATIONS:

Ninoupitch : "Un grand bonhomme, une grande âme issue de ce si petit et simple domaine, comme quoi..."

Alpi : "Phaco aurait surement souhaité une ambiance plus festive, faite de plaisanteries grasses mais aussi de mots d'humour plus subtils, de troubadours maladroits et de conteurs cyniques, de simples paysans mais aussi des plus hauts nobles, bref tout le théâtre humain qu'il savait si bien bouger par ses propos, déranger par ses sous entendus, moquer par ses satires, culpabiliser par ses dialogues, mais qu'il ne put que distraire comme tous ces grands poètes qui, ne voulant blesser personne, s'en prennent aux grands maux, ces maux dont on ne se sent jamais atteint lorsqu'on regarde son voisin..."

Général : "Vous allez nous manquer Baron. Vous étiez une belle alternative à la mort, normalement seule façon de nous libérer de l'ennui et de la souffrance de la vie."

Japy : "J'ai d'icelui messire le souvenir d'une carrure massive, d'un parler franc pour ne point dire grivois. Mais dans l'imposante carcasse, il m'avait semblé voir un coeur immense & un amour profond de la vie."
Néocor : "Oui, cet homme savait au plus profond de Lui ce que peut être la vacuité d'une vie... Aussi la voulait-il pétillante, joyeuse, mordant à belles dents dans la cochonaille tout comme caressant avec bonheur chaque joyau du beau sexe qui traînait un peu trop près de lui ! Et farceur avec cela ! Songez à notre bon duc Alpi venant chercher Baptême alors que le Baron lui faisait la surprise de le jeter à l'eau ! Oui, c'était aux beaux jours, et ce Baptême là résonne encore en moi comme des cris joyeux d'hirondelles... Mais ne croyez point cependant que l'on pût parler de superficialité ! bien au contraire ! l'homme était profond et il prenait ses avis au centre de notre terre... sa réflexion conduisait chacun de nous vers un "mieux aimer" de lui-même... Qui n'a jamais vu dans les façons de cet homme ce que nous avons tous au fond de notre coeur sans jamais trouver les mots pour le dire ?"

Asicael : "À lui qui savoie nous si bien emplir, lui par qui les nécessiteux que nous sommes trouvaient d'intarissables sources de rafraîchissement, lui qui a réconcilié le verbe "être" et le nom "noble" pour définir la locution "être noble", le messire phacochon, lui-même qui savoie si bien chopiner qu'il goutaît bon la pisse!"
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MessageSujet: Re: Sieur_Phaco   Lun 12 Mai 2008 - 13:07

Déjà quatre mois qu'une lumière de Savoie s'est éteinte, emportant avec elle quelques rayons de soleil.

Alpi dépose une gentiane jaune, de celle dont avec phaco il tirait la divine liqueur, et une petite gentiane bleue, rare. Phaco de là haut comprendra ce symbole qui representa un des nombreux bons moments partagés.

Il se recueille un instant devant la plaque commémorative. Il est triste car il semble bien qu'avec la génération phaco, maintenant éteinte ou en retraite, la Savoie n'aie plus la même saveur.

Il sort de la crypte sans un regard pour les autres inscriptions.


"Ce n'est pas parce qu'on est mort qu'on devient quelqu'un de bien"..... songe Alpi le regard dur.
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Edlweisss

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MessageSujet: Re: Sieur_Phaco   Mer 13 Jan 2010 - 2:24

Edl était sortie de chez les nones une fois de plus libérée par son instinct de survie. Elle avait écrit à de nombreux vieux amis, tenter de faire sortir sa Plume de chez les curetons qui le retenait prisonnier contre son gré certainement. Et puis une pensée à son ami.. le Baron, comment l'oublier lui le plus grand , le plus beau et le plus fort , toujours à abreuver son entourage de mot , de boisson, d'histoire , de son grand rire .. il manquerait toujours à ceux qui restent et à la Savoie ..

Gros soupir et tonneau de gnole .. souvenirs et émotions.. trois p'tits tours et pis s'en va.. deux ans déjà ..
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ninoupitch
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MessageSujet: Re: Sieur_Phaco   Ven 19 Fév 2010 - 16:01

profitant du chateau quasiment désert, Ninoupitch se dirigea vers la crypte.
il alla droit à la stèle de Sieur Phaco.

comme son père avant lui, il y déposa deux gentianes.

une jaune, grande et abondante en eté dans les nombreux versants ensoleiilés les "adrets" et autres "chavannes" , et qui lui restait de la dernière campagne de distillation...

une seconde gentiane, bleue, au bleu profond et presque minuscule, si rare qu'elle deviendra plus tard une espèce protégée.

Un moment de recueillement pendant lequel les noms d'Alpi, de squallizer, Dukat, Alain, Odilon, Asicael, gwalchjune, thenestoh, Lub, lui passèrent par l'esprit.

Des situations aussi qui firent de la savoie cette grande province..si petite par la taille mais si presente par la diversité, l'esprit, l'activité .....

Comment.....mais comment en était-on arrivé à maintenant ? un mystère...ou un signe du malin qui devait en vouloir grandement à la Savoie pour la laisser en un tel état !......
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Angel

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MessageSujet: Re: Sieur_Phaco   Ven 13 Aoû 2010 - 15:06

- Alors c'est toi mon père... tssss... lâche... pleutre...

Aveuglé, pris de vertige et d'assaut par tous ces sentiments contradictoires et douloureux, Angel trouva tout de même la force de se redresser et de saisir entre ses mains tremblantes et mouillées de sueur le carré de papier qui s'était échappé de l'enveloppe. La seconde lettre posthume de son père. Celle que sa mère Shera lui avait remise pour ses seize ans. Celle qui lui révèlerait peut être le moyen de lever le voile noir qui lui semblait à présent recouvrir les seize années qu'il avait passées à Bourg-Saint-Maurice et à Pavone, qui lui avaient parues jadis si lumineuses. Il voulait chasser les ténèbres de ses yeux.

Doucement, tâchant de maîtriser ses gestes et ses larmes, Angel décacheta cette lettre-cadeau d'anniversaire. Il avait tenu à l'ouvrir là, dans la crypte du panthéon, seul face à la gigantesque statue de marbre du baron-cochon qui l'écrasait de sa présence. Il allait tout lui dire, tout lui expliquer... Phaco allait se justifier, fournir une excellente raison à son fils pour l'avoir privé de sa présence, s'être laissé mourir juste avant sa naissance... Seize longues années où, au lieu de l'appeler papa, il ne savait dire que maman...

Ce fut une voix totalement différente de la sienne qu'Angel entendit murmurer à travers ses lèvres :


- Derniers mots d'un mort... Seule chance de se racheter... Allons, déplie cette lettre, Angel de Chevelu, puisque c'est ainsi que tu te nommes, et ensuite, bénis ou maudis, mais toujours en te souvenant qu'avant même ta naissance, tu as été aimé comme aucun enfant ne l'a jamais été.

La lettre était magnifique. Du Phaco pur. Et furieux. Angel la dévora.

Citation :
Sixième de Février,
Tour des Chevelu,
Baronnie d'Yenne.

A Messer ou Damoiselle de Chevelu, qui, s' il/elle lit ces lignes, sait à présent qu'il/elle est mon fils/ma fille.

Mon cher enfant,

C'est bien difficile de trouver des mots à coucher sur le papier pour vous exprimer tout ce que je ressens en ce moment. J'ai tant de chose à vous dire, tant de choses à vous expliquer, alors que vous n'êtes même pas encore né... Mais avant tout cela, avant de me justifier, je dois vous faire des excuses. J'ai été lâche et égoïste, mon enfant, en acceptant le baiser de la Faucheuse j'ai privilégié mon honneur, et, faut il le dire ? mon orgueil, à votre bonheur. Pour cela, pour ma lâcheté, je vous demande de me pardonner. Peut être ces mots vous paraîtront ils hypocrites, mais pour moi, votre absolution, même posthume, est plus importante que celle d'un prêtre, plus importante que celle d'Aristote, à qui je demande pardon si je blasphème.

Il me faut maintenant aborder le vrai sujet de cette lettre, celui pour lequel nous sommes tous deux là. Je vais être direct et franc, mon enfant, chose que sans doute, votre mère a du me reprocher de ne pas avoir été jusque là. Vous êtes bel et bien mon héritier. Mon unique héritier. Vous êtes ein Liebekind, un enfant de l'amour, comme disent nos voisins les Teutons, et lorsque j'ai appris votre future existence, j'étais déjà bien engagé sur le chemin de l'Autre Monde...

Je vous ai aimé dès que j'ai su votre mère enceinte. Dès lors que je compris que j'étais père - comme cela était étrange et nouveau pour moi, comme idée ! -, je sus que ce que j'attendais depuis des années était arrivé. J'attendais quelque chose qui me rappelât de nouveau à la vie. Quelque chose qui sache réveiller le sentiment d'amour enfoui dans mon cœur et que je croyais éteint et mort à tout jamais, et qui seul, aurait eu le pouvoir de me faire redevenir moi même. Vous avez faillit être ce quelque chose, mon enfant, cette petite étincelle, ce léger souffle sur la braise, qui fait d'une flamme un incendie et d'un bourgeon un arbre majestueux. A quelques jours près... puisque vous lisez cette lettre.

Mais la Camarde, et la raison du monde d'ailleurs, réclamait que je vous procure une chose bien plus complexe et bien plus triviale que l'amour paternel : une identité. Un nom, une ascendance, une maison, un état. C'est à ce moment que je fus lâche, mon enfant, à ce moment précis.

J'ai résolu d'être franc jusqu'au bout, avec vous, je le serais. Je songeais que vous déclarer comme mon fils ou ma fille, comme un enfant naturel né hors mariage d'une nuit d'abandon, c'était trahir le code d'honneur que je m'efforçais de suivre depuis toujours. C'était trahir la bienséance, c'était souiller mon honneur, ma réputation. C'était aussi, pardonnez moi ces mots, c'était tâcher votre naissance à tout jamais. J'ai honte, mon enfant, j'ai honte de ces pensées qui m'assaillirent à ce moment là. Cette voix, au fond de moi même, qui me soufflait que faire de vous mon fils aux yeux du monde, alors que je n'étais ni marié à votre mère, ni récemment veuf, c'était vous discréditer à jamais, c'était vous exposer aux railleries et à la sévère intolérance sur le point de l'origine de notre aristocratie. Mon cœur saignait à l'idée qu'un jour, on put vous reprocher la partie obscure de votre naissance... à l'idée qu'un jour, on put vous appeler bâtard - encore une fois, pardonnez moi ce mot.

Peut être aurais-je dû ne pas m'en soucier. Peut être aurais-je dû me souvenir que ce n'est pas l'origine qui fait un homme, mais son cœur et son bras. Peut être aurais-je dû oublier mon épouvantable fierté d'homme fort et respectable, l'orgueil de mon nom, ma vanité d'être un noble savoyard de vieille souche. Peut être aurais-je dû songer que tant que je vous aimais, mon enfant, les circonstances de votre naissance n'avaient pas la moindre importance.

Peut-être n'est-ce pas trop tard, peut-être qu'à mon dernier souffle, comme me le supplie cette bonne Jeanine, ma sœur, et votre tante, je vous reconnaitrai officiellement. Car lorsque, sur ce qui sera je le sais bientôt mon lit de mort, elle me demanda la première fois si j'étais au courant de la grossesse de Shera, ni mes lèvres, ni cette maudite fierté dont je vous parlais à l'instant, n'eurent le temps de les retenir : "Je connais au moins son père, puisque c'est moi. Il est mon enfant."

Oh, mon enfant, je suis plus fier de ces simples mots là que de n'importe quels autres que j'ai prononcé, où prononcerais jamais dans ma vie, croyez moi. Jeanine me fixa un instant, et je crus qu'elle allait s'exclamer, m'interroger. Elle n'en fit rien, et se contenta de sourire et de terminer de m'éponger le front.

La suite de toute cette histoire, vous la connaissez. Je suis certain que votre mère et votre tante vous ont merveilleusement élevé ( et si vous êtes là aujourd'hui, je songe sincèrement qu'elles ne s'y sont pas trop mal pris ).

Si vous tenez aujourd'hui cette lettre entre vos mains, c'est sans doute que ce jour est celui de votre seizième anniversaire. Puisque vous lisez ceci et que je suis mort, je vous embrasse et je vous dit adieu, mon enfant, en vous léguant tout mon amour, en vous dédiant le dernier but de ma vie, en priant Dieu de ne pas vous inspirer trop de colère envers ma mémoire.

Tendresses,

Votre père,




Sieur_Phaco de Chevelu.

Alors le jeune Angel pleura enfin son père. Mais aussi de joie, de reconnaissance, d'espoir.

Il goûtait la plénitude, la sérénité.

Il rayonnait, son héritage enfin retrouvé.

Et au milieu de toutes ces larmes, un mot.


- Pardon...
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neocor
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MessageSujet: Re: Sieur_Phaco   Lun 26 Mar 2012 - 17:28

Je pense à vous Baron Cochon !... et prie pour votre âme.

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